Ce guide ne répète pas les conseils généraux sur la sécurité en ligne. Il donne trois choses concrètes : la phrase exacte à dire à votre enfant selon son âge, de 6 à 15 ans et plus ; les quatre situations qui arrivent réellement, avec le signe observable et le premier geste à faire ; et l’interlocuteur à contacter dans chaque cas en France, du 3018 à Pharos.
Il indique aussi ce qui casse la confiance, c’est-à-dire les réflexes qui semblent protéger sur le moment mais font qu’un enfant se taira la fois suivante. Les chiffres viennent du baromètre 2025 de l’Association e-Enfance / 3018 et de son rapport de transparence 2025.

La plupart des guides de sécurité en ligne disent la même chose : parlez à votre enfant, posez des règles, installez un contrôle parental. C’est juste, et c’est inutilisable un mardi soir quand votre enfant de onze ans refuse d’aller à l’école sans expliquer pourquoi.
Ce guide part de l’autre bout. Il donne la phrase à dire, le signe à repérer, et le numéro à appeler.
L’essentiel
Dites la bonne phrase au bon âge : la règle du secret à 6 ans, l’irréversibilité d’une photo à 9 ans, le groupe de classe à 12 ans, le chantage à l’image à 15 ans.
Quand quelque chose arrive, commencez toujours par « tu n’as rien fait de mal », conservez les preuves avant de bloquer, puis appelez le 3018, gratuit et confidentiel.
En France, 35 % des jeunes de 6 à 18 ans déclarent avoir été touchés par le harcèlement, contre 24 % un an plus tôt (baromètre e-Enfance / 3018 et Caisse d’Épargne, octobre 2025).
Un enfant de six ans et un adolescent de quinze ne courent pas les mêmes risques, et ne retiennent pas les mêmes phrases. L’erreur la plus courante est de faire une grande conversation unique, trop tôt ou trop tard, puis de ne plus y revenir.

Chaque tranche d’âge tient en une idée. Répétée deux fois par an, elle vaut mieux qu’un long discours annuel.
À cet âge, une seule règle tient, et elle protège du leurrage mieux que toutes les autres :
« Un adulte gentil ne demande jamais de garder un secret pour ses parents. »
Elle est courte, elle se retient, et elle donne à l’enfant un critère utilisable sans qu’il ait besoin de comprendre ce qu’est un prédateur. C’est aussi l’âge où il faut commencer : 65 % des enfants de primaire utilisent déjà les réseaux sociaux, et une victime sur quatre accompagnée par le 3018 a moins de 11 ans.
L’idée d’irréversible se comprend bien vers neuf ans. Le test le plus simple :
« Avant d’envoyer une photo, demande-toi si tu serais d’accord que toute ta classe la voie. »
C’est aussi le moment de poser la règle des informations qui localisent : moins le nom que l’école, le club, l’heure de sortie, ou une photo prise devant chez soi.
Le harcèlement change de forme au collège. Il devient collectif, et il se déplace dans les groupes de messagerie : 41 % des jeunes cyberharcelés le sont sur WhatsApp, dont un quart dans des groupes de classe.
« Si un groupe se moque de quelqu’un, tu n’es pas obligé de participer, et tu peux m’en parler sans que ça te retombe dessus. »
La seconde partie de la phrase compte autant que la première. Un adolescent qui craint de perdre son téléphone en parlant ne parlera pas.
La sextorsion doit être nommée avant qu’elle n’arrive, parce qu’une fois dedans, la honte empêche d’en parler. Près d’un signalement sur quatre reçu par le 3018 porte sur des faits à caractère sexuel impliquant des mineurs, et plus d’un tiers de ces situations relèvent de la sextorsion.
« Si quelqu’un te menace de diffuser une photo, ne paie jamais, ne réponds plus, et viens me voir. Ça se règle, et tu n’auras pas d’ennuis. »

Le leurrage est la seule des quatre où l’on prévient la police avant l’école ou la plateforme.
Cyberharcèlement. Votre enfant se replie, devient anxieux après avoir consulté son téléphone, ou refuse soudain d’aller à l’école. Commencez par lui dire qu’il n’a rien fait de mal, conservez les preuves, signalez à l’école et à la plateforme, puis appelez le 3018.
Leurrage et sextorsion. Le schéma est presque toujours le même : un nouveau contact que personne n’a rencontré, des cadeaux ou des flatteries, une demande de photo, puis une menace. Ne payez jamais, ne répondez plus, gardez tous les messages, signalez au 3018 et déposez plainte.
Une image intime a circulé. Ne regardez pas l’image et ne la transférez à personne, y compris pour la signaler par message. L’Association e-Enfance / 3018 a été désignée premier signaleur de confiance en France par l’Arcom en novembre 2024 et obtient le retrait auprès des plateformes.
Données personnelles exposées. Resserrez les réglages ensemble, supprimez ce qui est déjà en ligne, puis changez les mots de passe concernés.
C’est la question qui revient le plus, et à laquelle presque aucun guide ne répond précisément. En France, chaque situation a son interlocuteur.
| Situation | Qui contacter | Comment |
|---|---|---|
| Harcèlement ou cyberharcèlement, France | 3018, Association e-Enfance | Téléphone, application 3018, chat ou Messenger. Gratuit et confidentiel |
| Harcèlement ou cyberharcèlement, Belgique | Child Focus | 116 000, gratuit, 24 heures sur 24. Aide aussi au retrait de contenus |
| Harcèlement ou cyberharcèlement, Suisse | Conseils + aide 147, Pro Juventute | Gratuit et confidentiel, 24 heures sur 24, par téléphone, SMS ou chat |
| Harcèlement ou cyberharcèlement, Québec | Jeunesse, J’écoute | 1 800 668-6868, ou texter PARLER au 686868 |
| Harcèlement dans le cadre scolaire, France | L’établissement, puis le 3018 | Le 3018 est conventionné avec l’Éducation nationale |
| Contenu illicite en ligne, France | Pharos | Plateforme de signalement du ministère de l’Intérieur |
| Contenu pédocriminel, Belgique | stopchildporno.be | Point de contact civil, signalement anonyme |
| Exploitation sexuelle d’un mineur, Québec | Cyberaide.ca | Transmis à la police et à la protection de la jeunesse |
| Retrait d’une image intime d’un mineur, France | 3018, signaleur de confiance | Transmet directement aux réseaux sociaux |
| Retrait d’une image intime d’un mineur, Québec | AideznousLaide.ca | Accompagne l’adolescent pas à pas |
| Enfant en danger, France | 119, Allô Enfance en danger | Gratuit, 24 heures sur 24 |
| Un adulte a sollicité votre enfant | Commissariat, gendarmerie ou police, plainte | Apportez les captures d’écran, ne les supprimez pas |
| Pensées suicidaires, France | 3114 | Gratuit, 24 heures sur 24 |
| Pensées suicidaires, Suisse | 147 pour les jeunes, 143 pour les adultes | Gratuit, 24 heures sur 24 |
Deux particularités valent d’être connues. Child Focus, en Belgique, répond au 116 000, le numéro européen commun pour les enfants disparus, également utilisé pour toute question de sécurité en ligne. En Suisse, le 147 de Pro Juventute est un service national d’écoute pour les jeunes, joignable aussi par SMS et par chat, et distinct du 143 réservé aux adultes.
Ce dernier point n’est pas théorique. Parmi les jeunes victimes de harcèlement interrogées en 2025, 25 % déclarent avoir déjà pensé à se faire du mal, une proportion qui monte à 39 % chez les filles. Si votre enfant exprime ce genre de pensées, le 3114 répond gratuitement à toute heure en France, le 147 en Suisse pour les jeunes, et Jeunesse, J’écoute au Québec.

Les quatre réflexes de droite sont les plus fréquents, et ce sont ceux que les associations d’écoute voient revenir le plus souvent.
Quatre réflexes paraissent protecteurs sur le moment et coûtent cher ensuite.
Confisquer le téléphone en premier. C’est la réaction la plus naturelle, et c’est aussi la raison numéro un pour laquelle un adolescent ne dit rien. Il apprend que parler entraîne une punition.
Lire les messages en cachette. Vous y gagnez peut-être une information. Vous y perdez la possibilité qu’il vienne vous voir de lui-même, et il finit toujours par s’en apercevoir.
Répondre au maître chanteur, ou payer. La demande recommence systématiquement. Un paiement prouve que la menace fonctionne.
Supprimer les preuves dans l’urgence. Bloquer et effacer soulage, mais une plainte ou un signalement sans capture d’écran avance beaucoup plus lentement.
Transparence : Salfeld édite Salfeld Child Control, un logiciel de contrôle parental, et publie ce blog. Voici honnêtement ce qu’un tel outil change, et ce qu’il ne change pas.
Un contrôle parental installé sur l’appareil fixe des limites de temps par application, bloque l’accès à certaines heures et filtre les sites par catégorie ou par âge. Il agit sur l’appareil, donc il continue de s’appliquer quel que soit le compte utilisé par l’enfant. Salfeld Child Control fonctionne sur Windows et Android.
Ce qu’aucun logiciel ne fait : reconnaître une manipulation qui commence par des compliments, déceler une menace formulée à demi-mot, ou faire qu’un enfant vienne vous parler. Les quatre situations décrites plus haut se règlent par une conversation et un signalement, pas par un réglage.
Un outil sert à donner un cadre et à réduire le temps d’exposition. Il ne remplace ni les phrases de la première partie, ni le 3018.
Dès le premier appareil connecté, souvent entre 6 et 8 ans, avec une seule règle : un adulte bienveillant ne demande jamais de garder un secret pour ses parents. Le message s’enrichit ensuite par paliers, l’irréversibilité d’une photo vers 9 ans, les groupes de classe vers 12 ans, le chantage à l’image vers 15 ans.
Dites-lui qu’il n’a rien fait de mal, avant toute autre phrase. Conservez ensuite les preuves par captures d’écran, avant de bloquer ou de supprimer quoi que ce soit. Signalez à l’école et à la plateforme, puis appelez le 3018, gratuit et confidentiel, joignable par téléphone, application, chat ou Messenger.
Le contenu illicite se signale sur Pharos, la plateforme du ministère de l’Intérieur. Si un adulte a sollicité votre enfant, déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie avec les captures d’écran, sans les supprimer. Le 3018 vous accompagne dans les deux démarches, et le 119 traite les situations d’enfance en danger.
Une vérification annoncée à l’avance et faite ensemble est de la supervision. La même vérification faite en cachette est de la surveillance, et son coût dépasse presque toujours son bénéfice : l’enfant finit par le découvrir et cesse de parler. Convenez plutôt du principe avant de remettre l’appareil.
Non. Un logiciel fixe des limites de temps, bloque des applications à certaines heures et filtre des sites. Il ne reconnaît pas une manipulation, ne détecte pas une menace formulée à demi-mot, et ne pousse pas un enfant à parler. Il complète les conversations décrites plus haut, il ne les remplace pas.
Pages consultées le 12 août 2026.
Cet article donne des repères éducatifs et des points de contact officiels. Il ne constitue ni un avis médical, ni un conseil juridique. Face à une situation de danger immédiat, composez le 17 ou le 112 en France et en Belgique, le 117 en Suisse, le 911 au Québec.
Les numéros, les services de signalement et les procédures cités ici peuvent changer, et nous les revérifions régulièrement. Si l’un d’eux a évolué, ou si une erreur s’est glissée dans cet article, dites-le nous : nous le corrigerons.